La source: CTV News

Il y a cinq ans, le 29 janvier 2017, six hommes musulmans ont été tués par balle dans une mosquée de Québec, tandis que dix-neuf autres ont été blessés. Un terroriste est entré dans le Centre culturel islamique de Sainte-Foy, au Québec, et s’est livré à une fusillade. À ce jour, elle reste l’une des fusillades de masse les plus meurtrières de l’histoire du Canada.

Le massacre a mis en évidence un problème plus large de racisme et d’islamophobie croissants au Canada. En guise de commémoration, le 29 janvier est désormais la Journée nationale de commémoration de l’attentat à la mosquée de Québec et d’action contre l’islamophobie. À l’approche de cet anniversaire solennel, il est important que les personnes non-musulmanes examinent les manifestations de l’islamophobie dans leur vie et dans les systèmes qu’ils et elles défendent.

L’islamophobie et la haine anti-musulmane peuvent être définies comme une hostilité systématique envers les personnes qui sont ou semblent être musulmanes, ou envers la religion de l’islam. Depuis le massacre de 2017, l’islamophobie n’a pas disparu. L’islamophobie est présente au Canada, et nous pouvons voir certaines des manifestations les plus explicites et les plus violentes de l’islamophobie dans les crimes haineux comme la fusillade de la mosquée de Québec. Compte tenu de la persistance des crimes haineux contre les personnes musulmanes, il est impératif que les organisations et les institutions s’efforcent de faire en sorte que les jeunes musulman.e.s se sentent en sécurité et bienvenu.e.s dans leurs espaces. Le démantèlement de la haine anti-musulmane doit prendre racine dans nos systèmes et structures de pouvoir. Cela signifie qu’il faut regarder vers l’intérieur et assumer la responsabilité de la façon dont elle peut être présente dans votre propre organisation.

De nombreuses organisations affirment aujourd’hui qu’elles ne tolèrent pas le racisme et la haine envers les groupes racialisés, ainsi que les réfugié.e.s et les immigrant.e.s. Pourtant, les travailleur.euse.s du Canada sont encore confronté.e.s au racisme, aux préjugés et à la discrimination dans les systèmes dans lesquels ils et elles naviguent. Les personnes musulmanes sont souvent victimes de discrimination dans les institutions par le biais des pratiques d’embauche. Une étude menée au Québec a révélé que les candidat.e.s à un emploi dont le nom suggère une origine arabe ont jusqu’à deux fois moins de chances d’être embauché.e.s. En outre, en 2017, une étude de la BBC a révélé (article en anglais) que, lors d’une demande d’emploi, une personne dont le CV comportait un nom à consonance musulmane avait trois fois moins de chances d’être convoquée à un entretien qu’une personne dont le nom avait une consonance anglaise. Les gens ne devraient pas avoir à changer de nom ou d’identité pour avoir des perspectives équitables sur le marché du travail. Mais la triste vérité est que les forces sociétales de l’islamophobie et de la discrimination raciale peuvent avoir une incidence sur les possibilités d’emploi.

Naviguer dans les institutions du pouvoir peut être un défi pour les communautés marginalisées, surtout lorsqu’elles ne voient pas leurs besoins reflétés dans ces institutions. L’ignorance généralisée de l’Islam dans les organisations et les institutions peut avoir pour conséquence de négliger des piliers culturels importants tels que les besoins nutritionnels spécifiques et les espaces religieux. De nombreuses personnes musulmanes pratiquantes suivent un régime alimentaire halal, et prient cinq fois par jour à des heures précises, dans des espaces séparés. Il est important de veiller au bien-être spirituel des gens, et lorsque la nourriture halal n’est pas accessible, que le temps n’est pas accordé aux prières et que les organisations ne disposent pas d’espaces privés, cela crée un sentiment d’anxiété pour les personnes qui ont besoin de ces choses pour mener à bien leurs pratiques religieuses.  

De plus, les sentiments islamophobes sont aggravés par le manque de compréhension culturelle de la part des personnes en position de pouvoir. Lorsque les organisations ne tiennent pas compte des membres du groupe musulman, par exemple en offrant des boissons alcoolisées en cadeau, cela peut entraîner un isolement social pour les personnes qui ne boivent pas pour des raisons religieuses. 


L’ignorance des non-musulman.e.s autour des musulman.e.s conduit à un langage nuisible qui alimente les sentiments islamophobes. Trop souvent, les médias et les représentations culturelles des personnes musulmanes assimilent la croyance islamique à l’oppression, à la violence et au terrorisme. Un manque de compréhension et de respect des pratiques religieuses de la part des décideur.euse.s peut conduire à davantage de discrimination et de préjugés envers les musulman.e.s. Au bout du compte, il incombe aux non-musulman.e.s occupant des postes de pouvoir d’être attentif.ve.s à la foi islamique, afin de minimiser les dommages et de lutter contre l’islamophobie qui est déjà profondément enracinée dans nos institutions.

L’islamophobie est un problème systématique, et la manière dont vous choisissez de l’aborder importe. Pour commencer, nous devons continuer à parler de la façon dont l’islamophobie au Canada se manifeste dans notre vie quotidienne. Bien que ces conversations nécessaires au sein de votre organisation puissent être difficiles, elles peuvent stimuler la conscience collective et conduire à un changement systémique positif. Il est important que les communautés musulmanes du Canada, en particulier les jeunes, voient qu’elles ont leur place dans les postes de pouvoir. En fin de compte, c’est aux organisations influentes de leur montrer qu’elles le font. 

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